Les céréales françaises s'exportent très bien
Selon FranceAgriMer sur les exportations françaises de blé, orge et maïs sur les cinq premiers mois de la campagne de commercialisation 2025-2026.
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Le premier conseil spécialisé « grandes cultures » de FranceAgriMer de 2026 s’est tenu le 14 janvier. L’occasion de faire un point sur les exportations françaises de céréales pour 2025-2026, la campagne de commercialisation en cours.
Blé tendre : le Maroc, un « moteur majeur »
La France a exporté 6,58 millions de tonnes de blé durant les cinq premiers mois de campagne. Un score en très nette hausse, environ + 80 %, par rapport à la même période en 2024-2025.
« Les exportations sont toujours autant portées par le Maroc », précise Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur le marché français des céréales. La France y a déjà exporté 1,63 million de tonnes de blé tendre : FranceAgriMer estime qu’il s’agit d’un « moteur majeur » du début de campagne. En revanche, « on a vu le premier bateau de blé argentin arriver au Maroc. La concurrence va être présente », souligne l’expert.
En ce mois de janvier, FranceAgriMer a toutefois revu en légère baisse son estimation d’exportation 2025-2026 vers les pays tiers, à 7,5 millions de tonnes (-100 000 tonnes par rapport à l'estimation précédente). Les exportations de blé tendre vers les pays de l’Union européenne sont, elles, révisées à la hausse pour atteindre 7,5 millions de tonnes (+ 120 000 tonnes).
Orges : « net retour » aux achats de l’Arabie saoudite
Les exportations d’orges françaises sont également dynamiques : 2,89 millions de tonnes ont été exportées en cinq mois de campagne, contre 1,88 million de tonnes en 2024-2025. Les destinations principales sont dominées par les pays tiers, en particulier l’Arabie saoudite (512 000 tonnes), qui signe un « net retour par rapport aux campagnes précédentes » selon FranceAgriMer, et la Chine (873 000 tonnes). Pour la Chine, « l’essentiel des exportations a été fait sur juillet et août », précise Habasse Diagouraga.
Les flux vers l’Union européenne sont stables. Les principaux destinataires sont la Belgique et les Pays-Bas.
Maïs : les origines françaises plébiscitées
« On progresse également sur le maïs », indique Habasse Diagouraga. Au mois de novembre 2025, la France a exporté plus de 471 000 tonnes de maïs (contre 400 000 tonnes en novembre 2024) portant le total à 2,19 millions de tonnes exportées depuis juillet dernier.
Les flux sont « très majoritairement intra-européens, avec près de 1,9 million de tonnes », chiffre-t-il, à destination principalement des Pays-Bas, de l’Espagne, de la Belgique, et de l’Italie. Vers les pays tiers, le principal acheteur est le Royaume-Uni.
Globalement, le début de campagne d’exportation est « assez dynamique ». Ce faisant, FranceAgriMer a rehaussé son estimation du volume exporté vers les pays tiers (525 000 tonnes, soit + 50 000 tonnes par rapport aux estimations du mois de décembre), et vers les pays européens (4,54 millions de tonnes, soit + 20 000 tonnes).
« Les origines françaises sont plébiscitées depuis le début de la campagne », estimait Argus Media dans une note publiée le 9 janvier. Cela « devrait permettre d’exporter près de 4 millions de tonnes au sein de l’Union européenne sur 2025-2026 », prévoyait le cabinet, qui précisait qu’« un tel niveau n’avait pas été atteint depuis 2021-2022 ».
Moindre disponibilité du maïs ukrainien
Il est en effet à noter qu’en maïs, le marché européen ne peut pas compter autant que d’habitude sur les origines ukrainiennes, le pays fasant face à des difficultés logistiques et de récolte. « D’après Argus media, il resterait 2,8 millions de tonnes de maïs à récolter en Ukraine, relaye Jean Jacquez, chargé d’études économiques sur le marché européen des céréales. Cereapro évoque pour sa part 3 millions de tonnes, soit 8 % de la surface de maïs ukrainienne. »
Cela se ressent dans les importations européennes, engourdies sur cette campagne 2025-2026 en dépit de la baisse de la production communautaire. Au 5 janvier, elles s’établissent à seulement 8,2 millions de tonnes, contre 10,3 millions de tonnes en 2024-2025.
Dans ce contexte de moindre disponibilité du maïs ukrainien, « le maïs français, non OGM, est bien demandé dans l’Union européenne », indique Jean Jacquez. En témoigne le prévisionnel d’exportation de la France (5,2 millions de tonnes selon FranceAgriMer), d’un bon niveau par rapport aux années précédentes (5,4 millions de tonnes en 2024-2025 ; 4,2 millions de tonnes en 2023-2024 ; 3,8 millions de tonnes en 2022-2023).
Mais, « l’Ukraine a été en partie remplacée par les États-Unis », précise-t-il. À date, l’Ukraine a fourni 5 % du volume de maïs importé par l’Union européenne, contre 56 % l’année dernière, chiffre l’expert. Au contraire, les États-Unis représentent 32 % du total actuellement, contre 15 % l’année dernière.
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